|

|
|
PRISE
EN CHARGE MULTIDISCIPLINAIRE |
En l’absence de traitement
spécifique disponible, des thérapies de soutien peuvent grandement améliorer
la qualité de la vie du malade et de sa famille.
Au-delà du soutien de première
ligne représenté par le médecin de famille,
souvent maillon indispensable pour coordonner les interventions spécifiques
et l’attention au malade dans la durée – et au-delà des remises à niveau
médicamenteuse par le neurologue
et/ou psychiatre, il est
important de proposer ces thérapies de soutien tôt assez dans l’évolution de
la maladie (trop tard, le malade risque de les rejeter). Pour les
thérapeutes, il s’agira d’établir un climat de
confiance avec le malade mais surtout de dédramatiser ces
interventions, qui bien anticipées et pratiquées, peuvent réellement devenir
des moments privilégiés de rencontre et de détente.
La
logopédie
peut rééduquer à deux
niveaux :
-
au niveau des troubles de la
communication (dysarthrie…) : un bilan logopédique et des stratégies et
des exercices adaptés permettront en effet le maintien du langage et la
capacité à communiquer du malade aussi longtemps que possible. En fonction
des difficultés rencontrées, les exercices porteront sur le souffle, la
voix, le débit et le rythme, la mélodie et l’intonation, l’articulation et
le graphisme.
-
au niveau des troubles de la
déglutition : il s’agira d’accompagner le malade dans ses difficultés par
une compréhension maximale des mécanismes défectueux et d’y pallier par
des conseils et des exercices adaptés afin de maintenir le plus longtemps
possible les paliers de stabilisation à ce niveau.
La
kinésithérapie
adaptera également ses
objectifs en fonction de l’état du malade :
>
en début d’évolution et au
stade intermédiaire,
il s’agira surtout :
-
du maintien des capacités
fonctionnelles du malade : condition physique générale, souplesse, marche,
mobilité, apprentissage des techniques de chutes, pour éviter de se
blesser en tombant.
-
de l’apprentissage de la
respiration profonde (abdominale), nécessaire pour ventiler les poumons en
profondeur.
-
de séances de relaxation
active, très importantes pour le déstresser et ainsi parvenir à diminuer
ses mouvements involontaires.
> au stade
intermédiaire :
seront ajoutés des exercices visant le renforcement de la souplesse
musculaire (cou, épaules, bassin, jambes) et la prévention des crampes et
contractures, causées par une trop grande immobilité.
> à un stade plus avancé,
il s’agira principalement de veiller à la bonne respiration du patient,
particulièrement si, en raison des problèmes de déglutition, les infections
pulmonaires deviennent importantes.
L’ergothérapie
sera utile pour maintenir
l’autonomie du malade dans les activités de la vie quotidienne (cuisiner,
s’habiller, manger, faire ses achats...), soit en proposant l’utilisation
d’un équipement adapté, soit en veillant à l’adaptation de l’habitation. Il
est important pour l’ergothérapeute de connaître les intérêts, les habitudes
et le mode de vie du malade afin de pouvoir adapter les besoins aux
capacités résiduelles et aux limites atteintes en fonction du stade de la
maladie. Il veillera spécialement à l’assise aussi soutenue et aussi
stable que possible du malade (fauteuil ou siège particulièrement adapté).

|
Le
soutien psychologique ou psychothérapie
|
L’acceptation de la maladie et
de ses conséquences (pertes immédiates et futures) pour le malade (mais
également pour l’aidant proche) – et donc le processus de deuil nécessaire
constituent le plus souvent un cheminement long et difficile. Le soutien
psychologique peut être entamé avec le malade avant que la disparition du
langage ne rende la communication beaucoup plus difficile, pour autant qu'il
le souhaite.
|
Les coordinations de soins à domicile |
Les
infirmier(e/s),
aides-soignantes, gardes-malades, aides familiales....
Il est sans doute inutile de
mettre en évidence l’importance de ces soutiens pour le bien-être du malade
et le soulagement de l’aidant proche (toilette du malade, soins, courses,
tâches ménagères...)
|
Autres thérapies et
activités de loisirs... |
Musique, jardinage (extérieur
ou intérieur), hyppothérapie, techniques de relaxation diverses (yoga,
sophrologie, etc.), hobbies, activités récréatives organisées par des
services mutuellistes pour handicapés, activités de loisirs de quartier...
En fonction des possibilités existantes dans l’environnement, ne pas hésiter
à prendre contact et à encourager le malade à y participer aussi longtemps
que possible en fonction de ses goûts et préférences... Ces activités
favorisent leur autonomie, et sont souvent sources de fierté, de
satisfaction et d’amitiés possibles réellement réconfortantes...
C’est dans ce cadre également
que la famille au sens large, les amis, voisins et bénévoles peuvent
réellement apporter le soutien nécessaire à l’aidant proche pour lui
permettre de souffler quelques heures ou une journée en toute tranquillité
d’esprit.
Si les thérapies de
soutien sont importantes chacune à leur niveau, le partage des informations
entre les aidants proches et les différentes personnes ressources est
fondamentale : en effet, ce partage permet de mettre au jour, de coordonner
ou de travailler de concert sur les difficultés rencontrées.
Il est en outre très
réconfortant pour les personnes concernées de pouvoir partager les succès
autant que les échecs.
Il est par ailleurs tout
aussi important pour les personnes ressources de prendre en compte les
remarques et recommandations de l’aidant proche sans qu'elles ne se sentent
remises en question dans leur pratique professionnelle. Par définition,
celui-ci est la personne qui connaît le mieux le malade et la maladie et
peut donner des informations capitales sur l’évolution du malade, ses
réactions et ses besoins au fil des jours.

|
Les 5
maîtres-mots de l'accompagnement |
1.
La dignité du malade qui doit être considérée :
-
dans sa globalité :
il n’est pas seulement la composante biologique d’un cerveau déficient, ou
de gènes mutés, mais il est un tout englobant les composantes physique,
psychologique, sociale, émotionnelle, relationnelle, créative,
spirituelle... d’un être humain à part entière
-
dans son unicité : il
est un être unique, ayant une histoire et un parcours personnels qui lui
sont propres (histoire familiale, professionnelle, de couple,....)
2. L'écoute
et la prise en compte de ses besoins :
-
écoute empathique, sans jugement, sans a priori.
-
prise en compte de ses besoins : tout être a autant
besoin de reconnaissance, de contacts, de bien-être et de plaisirs que
d’avoir ses besoins primaires satisfaits. Dans le cadre des convictions
philosophiques ou religieuses - et indépendamment des vôtres - sachez
accepter les refus et/ ou reconnaître (et relayer) aux personnes
compétentes les demandes ou les besoins parfois difficilement exprimés
dans ce domaine
3.
Calme et relaxation :
Le stress et la nervosité sont des composantes majeures
de la maladie de Huntington. Ils sont d’autant plus dommageables qu’ils
accroissent les mouvements choréiques, les difficultés de déglutition et de
communication du malade !
Veillez toujours à maintenir le calme autour de lui, et à
l'aider à se relaxer, le cas échéant.
4. Routine :
Une des manières les plus efficaces de faire tomber le
stress du malade est d’introduire la routine à tous niveaux : activités,
journée, semaine....
Evitez-lui les surprises ! Parallèlement, anticipez avec
lui tous changements possibles dans la routine déjà installée. Cela
permettra en outre de lui éviter des crises d’angoisse ou de colère.
5. Adaptation
constante…
… en fonction de l’évolution de la maladie ; ce qui a été
mis en place aujourd’hui peut se révéler inadéquat demain. Ce qu’un malade
peut réaliser aujourd’hui peut ne plus être possible demain... Le savoir et
s’adapter à ces changements inévitables sont des clés indispensables pour
accompagner le malade au mieux.
Pour rappel à tous les
professionnels médicaux et paramédicaux :
Trois brochures éditées par la
LHFB peuvent vous apporter des informations pointues dans tous les domaines
abordés. Voir la liste des publications dont plus spécifiquement
-
Huntington : maladie et
problématique, manuel à l'attention des professionnels de langue
française, 272 pages, LHFB, 2003.
-
Apport prépondérant du
logopède/orthophoniste auprès du malade Huntington, Isabelle Eyoum et
Anne-Françoise Ska, LHFB, 2002.
-
Comprendre le
comportement des personnes atteintes de la maladie de Huntington, Jane S.
Paulsen, LHFB, 2000.

|